Avant toute chose, il faut regarder la carte. César est dans la région de Langres, capitale des Lingons. Il veut secourir les Allobroges, capitale Genève. Leur territoire fait partie de la Province, cette partie de la Gaule déjà romanisée. Arrivée là, l’armée romaine sera à l’abri. Que fait-elle ?


 
Le texte de César tient en deux lignes : « …cum Caesar in Sequanos per extremos lingonum fines iter faceret quo facilius subsidium Provinciae ferri posset… » - ce qui peut se traduire :

  - Soit : « Comme César faisait route vers le pays des Séquanes en traversant l’extrémité du territoire des Lingons, afin de pouvoir plus aisément secourir la Province » ;

  - Soit : « Comme César passait chez les Séquanes par l’extrémité du territoire des Lingons afin de pouvoir plus aisément secourir la Province… »

Dans le premier cas, César peut changer de route avant d’être chez les Séquanes ; dans le second il pénètre chez eux. Différence essentielle car le territoire des Séquanes comprend le Jura. Si les Romains pénètrent dans le Jura, ils ne peuvent être le lendemain devant Alise-Sainte-Reine à 150 km de là et celle-ci ne peut être l’Alésia antique. Cette traduction est donc vitale pour elle.

  Pour les partisans d’Alise-Sainte-Reine, César aurait juste fait quelques pas vers les Séquanes et le Jura puis changé de route pour rejoindre Alise-Sainte-Reine sans le dire. La langue latine permet-elle cette hypothèse ?

Accusatif levez vous
  C’est ce que soutiennent tous les partisans d’Alise-Sainte-Reine, à l’exception d’un seul comme nous verrons. Ils s’appuient pour cela sur l’existence de traductions où effectivement « in Sequanos » est traduit par « vers les Séquanes ». Ces traductions sont-elles sans faiblesse ?


          A- Le latin : un labyrinthe, mais livré avec toutes
               ses clefs !   
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          B- Des traductions favorables à Alise-Sainte-Reine.


  Notons d’abord cette évidence que tous les traducteurs de tous les pays peuvent passer sur un détail dont ils ne saisissent pas l’extrême importance. Mettre « vers » ou « chez » quand on ne connaît pas avec une extrême précision le dossier de l'Alésia antique n’a rien pour eux de très grave ni de décisif. C’est traduire « au fil de la plume ».

  D’autre part, toutes les traductions par « vers » écrites entre 1860 et 1960 ont été réalisées alors qu’André Berthier n’avait pas encore fait sa découverte. Alise-Sainte-Reine n’avait pas d’opposition sérieuse.

  Enfin, devant l’immense réputation faite à Alise-Sainte-Reine, beaucoup ont suivi le mouvement, hésitant à sauter le pas et à se mettre en opposition avec le dogme. Nous avons tous sous les yeux la menace à peine voilée de Michel Reddé dans « L’Archéologie face à l’imaginaire (page 48) » : « Vouloir comprendre cette expression comme si le proconsul était déjà chez les Séquanes est un grave contresens qui conduirait n’importe quel étudiant à repasser son examen. » Quand on connaît les très hautes fonctions de l’auteur de cette phrase, ses pouvoirs à l'Université et dans le monde de la recherche archéologique, on comprend qu’il n’y ait pas eu de vocation !

  
  Quant à la traduction de référence en France, celle de Léopold Abel Constans, partisan d’Alise-Sainte-Reine, éditée et rééditée, elle est utilisée jusqu’à l’excès pour appuyer le dogme.

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LE LATIN CONDAMNE DEUX FOIS ALISE-SAINTE-REINE
(PAGE 1/2)

  Pour les éléments stratégiques et géographiques confirmant la localisation de l'Alésia antique dans le Jura, se reporter au chapitre « Prélude au siège jurassien », et particulièrement aux pages 3 et suivantes.

PRESENTATION



I - première condamnation (Altero die)

Irrespect d’une distance obligatoire

  Au moment où César en pleine retraite dit gagner le pays des Allobroges (Genève), il indique qu’il est attaqué par la cavalerie gauloise. Il ajoute que le lieu de cette bataille, qu’il remporte, est situé à proximité de l'Alésia antique.

       


   


         






          Une traduction vitale pour Alise-Sainte-Reine.

  Cette différence d’un jour est essentielle parce qu’en une journée l’armée romaine parcourt 30 kilomètres :

  Si « altero die » signifie « le lendemain », les deux sites sont séparés au maximum de 30 kilomètres. Or entre Langres d’où vient César, et Alise-Sainte-Reine où il est censé aller, il n’existe aucune plaine satisfaisante à moins de trente kilomètres de cette dernière. Alise-Sainte-Reine ne peut pas être l'Alésia antique.

  Si « altero die » signifie « le surlendemain », la zone de recherche est portée à 60 kilomètres, ce qui accroît les chances de trouver un emplacement pour la bataille de cavalerie (à ce jour sans aucun résultat comme on sait).


  Voilà pourquoi, Michel Reddé, le grand spécialiste d’Alise-Sainte-Reine, essaie de faire croire que César aurait atteint l'Alésia antique deux jours après la bataille, le surlendemain donc. Comment s’y prend-il ?


          Une traduction vitale mais risquée.

  Traduire par « le surlendemain » ne va pas de soi, c’est le moins qu’on puisse dire.

  D’abord, dans « La Guerre Civile » (CV, III 19,4) César utilise en une même phrase, pour désigner le lendemain du même événement, les expressions postero die - le jour d’après - et altero die - le second jour - Le surlendemain est déjà en fort mauvaise posture !

  Ensuite, le surlendemain se dit perendie chez Cicéron et perendino die chez César. Pourquoi aurait-il utilisé de manière incongrue altero die plutôt que ces expressions classiques ?
 

  Enfin aucun autre partisan d’Alise-Sainte-Reine ne se risque plus aujourd'hui à utiliser le surlendemain depuis que René Durand (1864-1962, professeur à la Faculté des lettres de l’Université de Paris et à l’Ecole Normale Supérieure) y consacra un travail fort érudit, (voir Mélanges Paul Thomas, 1930, pp. 214-228). Il conclut par l’obligation de traduire cet altero die tellement préoccupant par le lendemain.

  Même des défenseurs notoires d’Alise-Sainte-Reine, J. le Gall et E. de Saint-Denis, le concèdent dans Alésia, Textes littéraires antiques, (les Belles Lettres, 1960, p.45 note 2) : « Le sens de l'expression a été définitivement établi par R. Durand… Le jour indiqué ne peut pas être le surlendemain de la bataille de cavalerie, mais le lendemain ».

  Alter (altero est une forme d’alter) s’emploie lorsqu’il désigne le deuxième élément d’une paire. Ici, de quelle paire s’agit-il ?  Des deux jours qui mettent fin au mouvement de retraite de César : le premier jour, bataille de cavalerie ; le second jour, arrivée et arrêt forcé devant Alésia. Voilà qui est clair.


          Une traduction controuvée


  Comment, seul contre tous, Michel Reddé en arrive-t-il à inventer un jour de plus ?

  Dans son rapport de fouille, à la page 493 du tome 1, M. Reddé se contente de recopier un passage du dictionnaire Gaffiot pour justifier son surlendemain. Il écrit : « Altero die dans une énumération ne désigne pas nécessairement le lendemain…/… à preuve Cicéron, Phil., I, 32, dans l’expression « proximo, altero, tertio, reliquis consecutis diebus »

  
Bien noter le mot « énumération ».Ephemeride


 




  On ne ferait pas mieux pour empêcher toute compréhension !  Vite, une éphéméride pour expliquer l’enchaînement des jours !   Clic >







  Les dictionnaires latin et français sont sans appel : César arrive devant l’Alésia antique le lendemain de la bataille de cavalerie et la situation est donc parfaitement claire :

  L’emplacement de cette bataille reste donc une « question irritante et insoluble » disait déjà un grand partisan d’Alise-Sainte-Reine, Eugène de Saint Denis. Preuve d’honnêteté inattendue et confirmation que cette colline de Bourgogne n’a jamais pu être l'Alésia antique.

  Remarquez que dans le Jura une telle plaine existe à 16 kilomètres à vol d’oiseau de la forteresse gauloise d’André Berthier soit, par les itinéraires de l’époque peut-être à une vingtaine.

  De ce qui fait notre monde, beaucoup échappe à notre conscience
ordinaire : des couleurs, des sons, des ondes, l’air que nous respirons, bien souvent les battements de notre cœur… et ce que nous devons au latin.

  De même pour condamner Alise-Sainte-Reine il y a ce que tout le monde peut voir : une topographie impossible, des résultats de fouille incertains, une stratégie incompréhensible et des combats sans vraisemblance, voilà pour l’essentiel. Mais il y a aussi ce qu’on ne voit pas directement et qui est décisif : les incroyables erreurs de traduction de deux textes latins essentiels.

  Le premier indique que l’oppidum gaulois est proche d’un champ de bataille où les Romains furent attaqués par la cavalerie gauloise. Que faut-il entendre par « proche » et a-t-on trouvé ce champ de bataille ?


  Le second donne des indications sur la région où se trouve ce champ de bataille. Cette région serait-elle le Jura ?  Si oui, comme l'Alésia antique est proche de ce champ de bataille, elle aussi serait dans le Jura.

  
  On comprend l’extrême importance de ces traductions. Dès Napoléon III nombre d’érudits s’en sont saisi et y ont vu la preuve qu’il fallait suivre la piste du Jura : mais que faire devant l’autorité d’un Empereur puis l’inertie des corps constitués ?

  Aujourd’hui où le dogme d’Alise-Sainte-Reine craque de toutes parts, le retour à la vérité des textes est plus utile que jamais.

  Et chacun peut voir que les erreurs commises sont tellement énormes que, même sans aucune connaissance du latin, elles sautent aux yeux. Alise-Sainte-Reine est condamnée deux fois.

LE LATIN EST INVISIBLE
L’AIR QUE NOUS RESPIRONS AUSSI

II - SECONDE CONDAMNATION (In Sequanos)

Irrespect du plan d’occupation des sols

Page 1/2

Suite  page 2 >>

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 Résumé : « In Sequanos » César entre-t-il dans le Jura ?

A- Le latin est un labyrinthe mais livré avec toutes ses clefs.
B- Des traductions favorables à Alise-Sainte-Reine.
C- Les faiblesses de ces traductions.
D- Discussion générale.

- Premier point : les deux sites sont donc liés et tout le monde en convient. Sans emplacement   pour cette bataille de cavalerie, pas d’Alésia antique.

- Second point : la distance qui les sépare est indiquée indirectement par César. Il écrit « …altero   die ad Alesiam castra fecit » (Guerre des Gaules, LXVIII, 2), ce qui est traduit de deux façons :


  Soit: le lendemain [de cette bataille] il dressa son camp près d’Alésia ;
  Soit: le surlendemain [de cette bataille] il dressa son camp près d’Alésia.


Quelle est la bonne traduction ?